J’avais vu ce jeune homme sur le plateau de La Grande Librairie au moment de la sortie de son livre « Roman fleuve », et avais trouvé le larron assez rigolo.
Mais je n’avais pas été convaincue plus que cela par son bouquin. Quelques idées amusantes, mais j’avais fini par le survoler à la fin.
Ayant reçu ce « Roman de gare » pour le prix Fnac de la rentrée auquel j’ai participé, je me suis dit que c’était bien de lui donner une seconde chance. Quel bonheur, j’ai rigolé du début à la fin !
Est-ce probable que préférant les trains au bateau, je ne sois pas objective ? 😀🚊🛥️
J’ai vraiment hésité en me demandant si c’était un roman ou un récit, parce que les deux sont tout à fait possibles. J’opte au final pour le roman, de gare, donc…
L’histoire :
Le narrateur qui est dont l’auteur, s’embarque avec son pote Simon, dit « Buck », à bord de trains de marchandise, pour traverser la France.
Dit comme ça, ça a l’air facile, mais ils ont pas mal de galères, ne serait-ce que pour rentrer dans les gares de fret, surveillées, et de choisir le bon train en partance pour le bon endroit… vous imaginez ce que ça peut donner parfois. 😉
Ce ne sont clairement pas des aventuriers, et évidemment, c’est là que ça devient drôle, sinon je lirais du Jack London ! 😆
Avec un humour potache pas piqué des hannetons – il y a du Desproges ou du Fabcaro sous ce Philibert Humm – il va nous raconter leurs nuits sans sommeil, leurs peurs nombreuses et multiples, leurs courses effrénées, et leurs relations diverses et variées pendant leur voyage.
Il me fait penser un peu à Sylvain Tesson, mais un Tesson qui chercherait à nous faire rire ! Oui je sais, ça, c’est peu probable… 😉
Un de ses autres talents, et pas des moindres, c’est d’arriver à rendre à l’écrit, un langage oral, plein de comparaisons, de sons, d’odeurs, de ressentis. Sous des airs cabotins, ce jeune homme a une belle plume, et le style reste fluide.

D’ailleurs beaucoup de ses phrases m’ont paru pouvoir être des aphorismes.
» Le Français, quoi qu’on en dise, aime les lois. Surtout quand elles ne s’appliquent pas à lui. »
Ou encore :
« La détestation du Parisien est si commune dans notre pays, que les Parisiens eux-mêmes ont fini par se haïr. »
Mais il y a aussi de belles réflexions plus profondes sur le manque d’entretien des voies ferrées et leurs conséquences aujourd’hui, qui nous rappellent que « Vers la fin du 19ème siècle et le début du suivant, le chemin de fer avait sorti les Français de chez eux, et permis un brassage ethnique inédit dans l’histoire. »
Et j’ai appris plein de choses, dont certaines seront commodes pour la pratique du Trivial Pursuit ! 😀 A propos d’animaux, de détails de l’histoire de France, de la géographie, évidemment sur les gares, les différents trains de marchandise (les trains me fascinent, depuis toute petite), et ça m’a bien plu.
NB : Si avant de l’acheter, vous le feuilletez, et que vous y repérez des pages banches en plein milieu, c’est normal, c’est même voulu et c’est typique du bonhomme ! 😀
(La belle gare de Tourcoing donne vie à la couverture du livre)

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