Si vous me suivez, vous savez à quel point j’ai aimé « La dernière allumette » de Marie Vareille.
Lorsque j’ai rencontrée cette jeune autrice, pour la remise du Prix des Lecteurs U/Livre de poche, en avril dernier, elle m’a dédicacée son livre, « Désenchantées », qui avait gagné le prix en 2023.
Si je n’ai pas retrouvé personnellement une même force dans ce roman, j’ai passé un bon moment à le lire.
L’histoire :
« Parce que c’était lui, parce que c’était moi ».
C’est à une très belle histoire de sororité que Marie nous convie, mais je trouve que Montaigne a si génialement et simplement résumé son amitié envers La Boétie que je cite sa phrase si célèbre. On pourrait la féminiser. 😉
Début des années 90.
Toute petite, Sarah perd sa maman, et la seule personne qui l’aide à traverser une enfance qui s’annonce sombre, c’est Angélique, une petite fille très belle, qui apparaît un jour, devant elle, aux obsèques, au cimetière. Leur amitié, très forte, prend naissance dans ce moment où Angélique lui fait un câlin, pour ne prendre fin qu’à la fin du collège, tristement, car la fin d’une amitié est toujours triste.

Sarah n’est ni belle, ni très intelligente, comme sa belle-mère Iris, qui est la 1ère personne à détester dans ce roman (il y en aura une seconde…), le lui répète assez souvent.
Par-contre, un jour Sarah trouve enfin sa voie propre, sa bouée de sauvetage, sa respiration, elle adore nager ! 🏊♀️
Lorsqu’Iris arrive dans la famille, elle amène ses deux fils avec elle, Eric le minet et Benjamin le musicien, et la vie ne sera plus jamais la même avec ce trio.
Mais un jour, Sarah disparaît du petit village de Bouville-sur-Mer. Un homme sera accusé pour ça, et passera 20 ans en prison. Il clame son innocence tout du long.
En parallèle, de nos jours, Fanny, journaliste, la grande sœur d’Angélique, se voit confier une enquête par sa cheffe, rouvrir l’histoire « Sarah Leroy », comprendre ce qui s’est vraiment passé, et se voir offrir une belle promotion à la clé.
Sa mère vient de mourir, elle devait donc retourner dans la petite bourgade du nord, et la voilà obligée de faire le voyage avec Lilou, sa belle-fille, et autant dire qu’elles, ne s’entendent pas du tout. Une sale semaine pour Fanny…
« C’était une chose de se mentir à soi-même, une autre de trahir l’enfant qu’on a été. »
Qui sont les Désenchantées ?
Un groupe de filles, collégiennes puis lycéennes, qui ont emprunté ce nom à une chanson de Mylène Farmer, pour signifier qu’elles ne s’en laisseront pas compter par la société, qu’on ne pourra pas leur jeter de sort.
Angélique en fait partie (mais pas Sarah, cette dernière ayant trahi son amie), ainsi que ses nouvelles amies, Morgane et Jasmine, des jeunes filles fortes, intelligentes, soudées, courageuses.
Les femmes ont d’ailleurs la part belle dans cette histoire, quelque que soit leur âge.
Le style Vareille :
Ce n’est que mon 2nd roman de Marie Vareille, il y en aura d’autres, et on ne peut pas dire que l’autrice cède à la facilité des thèmes.
Ici il est question d’humiliations, de viol sur mineur, de la difficulté d’être belle-mère (dans le sens marâtre), ou belle-fille, d’intimidation, de lâcheté et de courage, d’amitié malgré tout, de serments d’enfants sincères et respectés.
J’aime que l’autrice pratique le roman choral, avec un pas de côté car quelqu’un nous dévoile ses « documents de travail ».
Qu’est-ce qui m’a fait légèrement hésité à mettre une meilleure note ?
Sans rien vous révéler, disons que le dénouement m’est apparu comme légèrement improbable… Pas impossible, mais ça m’a déroutée, si je puis dire. Je la cite, d’ailleurs : « J’ai souri, elle était mignonne avec ses convictions d’enfant, mais son projet était aberrant. » Voilà. 😉
Plus joyeusement, merci à elle pour la déculpabilisante citation : « Pour rentrer dans un moule, il fallait être une tarte ! » 🥧😀
Est ce que vous lisez Marie Vareille ? Vous me recommandez le prochain ? 😊
Editions Charleston. 320 pages. 2022

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