Cela fait quelques années que je tournais autour de Valentine Goby, mais pour une raison que je ne m’explique pas, je n’avais jamais lu un de ses livres.
Je voulais lire cette autrice de ma génération, née à Grasse, patrie de la parfumerie, lieu immatériel dont j’ai fait partie pendant 30 ans.🧴
Par le truchement pour la 2nde année, du Jury des médiathèques pour la Comédie du livre, il m’a été proposé de lire Le palmier. Quelle chance, j’ai été happée !
L’histoire :
Vive est une petite fille de 8 ans, qui porte merveilleusement son nom, fille d’acheteur de matières premières pour la parfumerie. ✈️ Elle vit en famille, en harmonie avec son petit frère et son grand frère, ses parents, non loin de Grasse, et le matin où s’ouvre le roman, le palmier bicentenaire du jardin doit malheureusement être raccourci de sa tête, pour cause de larves de charançon ! 🌴🪲
Ne reste que le stipe, ce faux tronc, qui va d’abord intriguer Vive, puis franchement la mettre mal à l’aise.
« Le vert est le pays préféré. »
On peut imaginer que cela défigure un jardin, surtout qu’il mesure encore 20m, mais pas de quoi se mettre dans des états pareils, au point de ne plus réussir à dormir dans sa chambre seule le soir, il va falloir tenter de comprendre… voire d’enquêter ! 🔎🔦
Et pour cela les odeurs sont merveilleuses ! Vous en avez tous fait l’expérience. 💐
L’héroïne :
Vive est amoureuse des arbres, et son père qui voyage aux quatre coins du monde lui rapporte régulièrement des essences d’arbres, de fleurs ou d’épices, la faisant travailler à les reconnaître, les nommer, les classer. Elle les conserve après l’exercice, dans une petite bibliothèque olfactive. 👃
« Une odeur sans image est orpheline. »
Et pourtant, ce père dont elle est si proche, ne semble pas comprendre ses angoisses, ni son combat contre le charançon ou la pyrale du buis. 🐛
« Un homme fou d’arbres à parfum, si étranger aux arbres de son jardin. »
J’ai adoré cette fillette, j’ai adoré évidemment qu’on me parle d’odeurs et j’ai trouvé que Valentine Goby les décrivait aussi magnifiquement techniquement que poétiquement. A chacun sa lecture des mots.
Mots qu’elle met bien sûr en valeur par son écriture, et aussi par le cahier de mots que tient Vive, petite fille dans laquelle je me suis reconnue, passionnée des mots et des fragrances depuis toute petite. 📒
Le style :
Je crois que je suis tombée dans la marmite de Valentine (!), car j’ai aimé son style fluide et sensuel.
Elle s’en donne à cœur joie pour nous révéler les 5 sens, des odeurs – aussi bien naturelles que synthétiques – mais aussi des sons, des ressentis, des textures, des sensations, des câlins, etc. 🐶 👓
Plusieurs fois il y a eu de beaux rappels de Proust, autour du thé, des parfums, de la madeleine, de la maman qu’on attend pour pouvoir s’endormir. 🫖
J’ai fini le livre en apnée, mais toujours portée par les effluves, et leur pouvoir incroyable de réminiscence.
« Elle laisse le silence faire effet de cathédrale. »
Un très beau roman. Pour continuer avec cette autrice, lequel me recommandez-vous ?
Pour ma part, je vous recommande vivement, si vous aimez la parfumerie et ses matières premières, de vous plonger dans « Cueilleur d’essences » de Dominique Roques, livre passionnant que j’ai adoré, et qui relate les voyages autour du monde pour trouver les plus belles matières. 🌱🌺
Bonne lecture ! 📖

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