Je suis partie tambour battant dans cette histoire, avec mon enthousiasme habituel. Je l’ai découverte via le jury des médiathèques de Montpellier pour la Comédie du Livre, jury auquel j’ai encore la chance de participer cette année.
Moi, la fille de la campagne rurale et bourbonnaise, « montée » à Paris il y a 30 ans pour mon premier travail, habitant dorénavant à Montpellier, j’ai aimé qu’on me parle de cette dichotomie – peut-être pas si évidente que ça, après tout – entre la campagne et la ville, à travers le parcours de 2 femmes, Jess et Constance.
Je ne m’y suis pas pour autant reconnue, mais disons que certaines choses m’ont semblées familières.
L’histoire :
Elles sont deux filles uniques, habitant autrefois dans le même hameau d’un village de l’Isère, presque des sœurs, dont l’une, Jess, deviendra sur place conductrice de bus ET monitrice d’auto-école, tandis que l’autre, Constance, après son bac partira brutalement à Sciences Po, et deviendra présentatrice-star de télévision à Paris. 📺
« Il fallait devenir seule. »
Dans une langue très fluide, mais aussi imagée, Camille Bordelet raconte comment elles vont se retrouver au village, après le décès de Simone, la grand-mère de Constance, que Jess a toujours adorée, au point que la nonagénaire lui avait proposé à elle, son mari et à leur petite fille, de venir habiter à l’étage de sa grande maison pour lui tenir compagnie et l’aider en cas de besoin.
Mais Constance va se poser ici quelques mois après l’enterrement, et les cartes seront rebattues… 🏡
Le style :
J’ai connu quelques ralentissements en cours de route, si je puis me permettre ce vocabulaire approprié à ce roman où l’apprentissage de la conduite est si important… 🚗
Camille Bordelet est journaliste au Monde et s’est spécialisée dans les questions liées aux espaces ruraux. C’est évident qu’elle connaît parfaitement son sujet, mais j’aurais peut-être voulu ressentir un peu moins l’effet « catalogue » de ses arguments pro-campagne.🌳 Effet catalogue qui s’applique évidemment également aux habitants des grandes villes.
« Que s’était-il donc passé, en l’espace de 15 ans, pour que les campagnes se transforment en distributeurs automatiques ? »
Ceci dit, j’ai pensé les trois quarts du roman que l’autrice cèderait à la facilité d’une fin que je croyais attendue, au fur et à mesure que le roman avançait, car il prenait souvent l’aspect d’un feel good, et j’ai eu tort. 😉
C’est aussi une réflexion sur notre époque et ces injonctions, tout ce qu’on attend de nous quand on vit à la campagne ou à la ville. Sur la main-mise des puissants sur les plus faibles. Sur la vie des maires dans ces petites communes perdues au milieu de départementales rapiécées.
Il me semble que c’est un bon premier roman.
« Constance non plus ne supportait pas cette tendance de l’époque au grand rétrécissement ; cette redoutable tentation de réduire l’autre à une seule de ses composantes. »
Bonne lecture ! 📖

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