J’ai dévoré ce roman, mais il m’a dévorée aussi ! Attirée malgré moi par ce vortex de violence paternelle, raconté par la narratrice, Jeanne. A son encontre, et plus encore à l’encontre de sa mère et de sa grande sœur. Physiquement et psychiquement.
« Puisqu’il avait le pouvoir terroriste de moduler l’air et l’ambiance, j’étais en permanence obsédée par lui. »
Jeanne est adulte lorsqu’elle nous raconte son enfance terrible dans un canton de la Suisse, le Valais, au sein d’un de ces petits villages où tout le monde sait, mais où personne ne dit jamais rien. Pas même le médecin de famille qui pourtant voit tout sur les corps et les âmes.
« Sa préférée » est un 1er roman marquant, époustouflant de maîtrise, qui narre une traversée de sa vie difficile mais aussi lumineuse – quoique pas suffisamment pour cette jeune femme – car elle est accompagnée par des êtres qui vont beaucoup l’aimer. Elle va au-moins tenter de se réapproprier son corps, par la nage, les caresses, la respiration, etc.
« Ce n’est pas grand-chose pourtant, une enfance. Mais c’est tout ce qui subsiste pour moi. Je ne sais pas me réfugier ailleurs. »
Alors oui j’ai pleuré, j’ai souffert, je suis restée en apnée, mais la littérature, c’est aussi creuser pour comprendre ce qui a pu nous arriver à nous-même ou à nos proches, la littérature c’est aussi tordre son ventre, c’est aussi accepter qu’il n’y ait pas de résolution à la fin, que ce soit en littérature « blanche » ou en polar, et du coup peut-être rester avec un souvenir encore plus prégnant d’un parcours de vie.
Ce roman est aussi un hommage à cette littérature, puisque Jeanne deviendra dans un premier temps, aidée par les livres, professeure.
« Moi qui pensais, prétentieusement, être différente, je réalisais que, dans la solitude de ma chambre, grâce à mes lectures hasardeuses et vagabondes, des liens s’étaient tissés malgré moi . »
Bonne lecture ! 📖


Laisser un commentaire