Trois enterrements de Anders Lustgarten

Trois enterrements de Anders Lustgarten

Note : 4 sur 5.

Pour un premier roman, je suis absolument bluffée par ce livre que j’ai reçu pour le Jury du prix Fnac de cette année.
Et pourtant il ne partait pas gagnant si je puis dire, car je n’avais pas du tout aimé les trois premiers livres de la sélection… dont je ne vous parlerai donc pas ! 😉

Sous la tutelle du film « Thelma et Louise », que l’héroïne Cherry cite plusieurs fois, et qu’elle m’a donné envie de revoir à nouveau après 30 ans (quel chef-d’œuvre, je vais en rester marquée un moment ! 🚘❤️), c’est à un road-movie imprégné de souvenirs que l’auteur nous convie.

Pour la forme, il alterne très régulièrement ses personnages, au sein d’un même chapitre, pour leur donner un répondant dynamique, et j’ai toujours aimé cette forme de roman. On avance grâce aux personnages.

L’histoire :

Elle est dure, elle est difficile, et pourtant elle n’exclue pas sur l’ensemble une certaine loufoquerie, et beaucoup d’humanité.

Omar arrive sur un bateau avec quelques migrants, mais au lieu de trouver de l’aide en Angleterre, se fait repousser très (très…) violemment par un groupuscule de police appartenant à l’extrême droite. Je vous laisse imaginer le peu de douceur à l’arrivée… 🥺

Cherry, pendant ce temps-là, se retrouve sur une plage après beaucoup avoir bu, son fils Liam est décédé récemment, et elle voit sur la plage un paquet de vêtements… son âme d’infirmière reprend le dessus pour porter secours à ce migrant, sur lequel elle trouvera une photo, la clé de toute sa quête.

Les personnages :

Étonnante association d’un policier qui n’a jamais su trouver sa place dans la vie, avec une cheffe de service courageuse et déterminée, l’énergie du désespoir d’une mère dévastée, dans un road-movie qui lui redonnera LE souffle de vie, secondée de loin, sans le savoir, par son mari et leur grande fille.

Un flic pourri jusqu’à la moelle qu’on détestera dès les premières lignes, et à qui on souhaitera le pire.

Et puis ça et là quelques femmes qui aideront Cherry à retrouver Asha, la fiancée d’Omar.

L’Angleterre joue son rôle, et on y apprend beaucoup sur la politique internationale et ses contradictions !

Un beau roman, bien construit :

Le titre est finalement bizarrement choisi, vous verrez pourquoi, mais le style est mordant, vif, beau, limpide.

C’est un roman qui m’a fait profondément réfléchir sur l’immigration, pourquoi quitter son pays, pourquoi s’enfoncer dans la recherche d’un passeur et supporter les prisons et les camps, etc.
Vraiment, on ne part pas de chez soi si on n’y est pas profondément contraint. Une profondeur que je ne ressentirai jamais dans ma chair, je n’ai pu que rester en surface de toute cette douleur et cet instinct de survie, même si j’ai essayé. Sauf à remercier pour ma vie en Europe.
C’était fort. 🩷

Et demain, le 22 septembre on saura qui a gagné le Prix Fnac du roman pour cette année 2025 ! Pour mémoire, mes 3 coups de coeur 👇🏻 Vous pouvez retrouver les 2 autres chroniques ici et ici.

Bonne lecture ! 📖😊

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