Chronique lecture : Sur les ossements des morts de Olga Tokarczuk

Chronique lecture : Sur les ossements des morts de Olga Tokarczuk

Note : 4 sur 5.

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C’est la première fois de ma vie que je découvre la littérature polonaise. En me doutant évidemment qu’il existe autant de styles que d’écrivains. 😉

Grâce à ma copine Anna d’origine polonaise, je découvre donc le style de Olga Togarczuk (et la prononciation de son nom !) qui a reçu pour un autre roman, l’équivalent du prix Goncourt en Pologne.

Mais je découvre surtout son héroïne, une femme que j’ai beaucoup appréciée.

Janina Doucheyko :

L’histoire se situe dans les Sudètes, qui est une montagne faisant la jonction entre l’ouest de la Pologne, l’Allemagne et la Tchéquie.

Sur ces hauts plateaux vivent à l’année une poignée d’habitants, dont Janina, ancienne ingénieure des Ponts et Chaussées, qui donne des cours d’anglais à des petits de primaire, se passionne pour la traduction de William Blake par Dyzio, un ancien élève à elle, et surveille les maisons secondaires de ses voisins pendant leur absence, l’hiver. ❄️

C’est une femme qu’on pourrait dire originale, ne serait-ce parce qu’elle vit seule au fin fond de la montagne avec des températures bien bien en-dessous de zéro la plupart de l’année.
Elle est la narratrice du roman. Curieuse, cultivée, intelligente, et un peu bornée ! 😄

La croix en entier

Sans être une activiste anti-chasse, elle honnit tout ce qui a trait aux meurtres d’animaux, est vegan, et adore établir des horoscopes, se considérant même comme une astrologue. ⭐

« J’ai essayé de le convaincre par divers moyens, de lui faire comprendre la perfection avec laquelle ce qui se trouvait en bas s’accordait avec ce qui était en haut. »

Lorsque des hommes puissants de la région, «commencent» à trouver la mort dans des circonstances étonnantes, elle est la première à penser qu’étant chasseur ou braconnier, ce sont peut-être les animaux qui commencent à se rebeller contre eux… 🫎

Ses amis Matoga et celle qu’elle nomme « Bonne nouvelle » ont un peu de mal à la suivre au début…

L’autrice a donné une vraie consistance à son héroïne, lui prêtant même des douleurs corporelles insupportables à certains moments de sa vie, même si cela ne sert pas directement l’histoire.

La nature :

C’est l’autre héroïne de ce roman volontiers naturaliste. Que ce soit par la montagne, par les nombreux animaux cités, par la végétation, par la neige, c’est un livre qui donne la part belle à la nature et au respect de celle-ci. 🌲

« Après tout, pourquoi devrions-nous être utiles ? Et en vertu de quoi ? Qui a divisé le monde entre l’utile et l’inutile, et de quel droit ? Un chardon n’a-t-il pas le droit de vivre, ou bien une souris qui mange du grain dans un grenier ? Et les abeilles, les bourdons, les mauvaises herbes et les roses ? »

Sans y mettre un coup de cœur car j’ai trouvé quelques longueurs, je suis ravie et charmée d’avoir découvert cette autrice.

NB : je suis ravie que par-ailleurs elle pointe les tics de langage, que je trouve de plus en plus importants à notre époque, pour ne pas dire irritants ! 🤪
« J’avais ma théorie au sujet de ces mots répétés machinalement : tout être humain en a un qu’il suremploie. »

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