« Le malheur est sans doute ce qui donne l’idĂ©e la plus juste de ce que peut ĂȘtre l’infini. »
Je suis déçue par ce roman, dont j’attendais trop, la faute Ă La grande librairie ! đ
Car lors du passage de Caroline de Mulder dans mon Ă©mission fĂ©tiche, il y a eu un consensus parfait, tout le monde a adorĂ© ! đș
L’histoire :
Trois personnages principaux nous emmĂšnent vers une page sombre de l’histoire de l’Allemagne, au sein de cette pĂ©riode dĂ©jĂ terrible de la 2nde Guerre mondiale : RenĂ©e, Helga et Marek, Ă tour de rĂŽle.
Une forme de roman qui me plaĂźt toujours beaucoup, le roman choral, dynamique et « rebondissant ».
Bien sĂ»r le personnage qui rode derriĂšre l’histoire est Himmler, le ReichsfĂŒhrer, qui a créé des maternitĂ©s spĂ©ciales dans toute l’Allemagne, et dont celle du livre, le Heim Hochland, est une des derniĂšres en activitĂ©, en septembre 1944, en BaviĂšre, la fin de la guerre se profilant Ă l’horizon.
Dans ses/ces pouponniĂšres, qui font penser Ă des ruches, Ă des « pensions de vacances trĂšs bien tenues », on prend soin des femmes enceintes (des grossesses par consentement ou non…) de SS ou hauts dignitaires nazis, pour repeupler l’Allemagne de petits aryens. đ±đ»đ±đ»ââïžđ±đ»đ±đ»ââïž
Ces dignitaires peuvent ĂȘtre par-ailleurs dĂ©jĂ mariĂ©s, ou non !
Ici toutes les femmes seront accueillies de la mĂȘme maniĂšre, portant fiĂšrement le futur de l’Allemagne.

RenĂ©e est pourtant une jeune fille française de 16 ans, mais « son » Artur, qui l’a dĂ©niaisĂ©e, est le fils d’un homme important dans le rĂ©gime. Elle est emmenĂ©e dans ce Lebensborn, cette maternitĂ© d’un genre Ă©trange.
Elle est rouquine, et pour Himmler, le roux est la quintessence du blond. đ©đ»âđаđšđ»âđа
Helga est une toute jeune infirmiĂšre, une « Schwester ». Elle a la vocation chevillĂ©e au corps, elle est douce, gĂ©nĂ©reuse, motivĂ©e, mais elle ne se trouve pas du bon cĂŽtĂ©… đ©ââïž
Marek est un prisonnier de guerre, polonais, qui travaille sur place, se nourrissant d’Ă©pluchures de lĂ©gumes, alors qu’il dĂ©charge rĂ©guliĂšrement de wagons, lait, pain, et vrai cafĂ©, pour les rĂ©sidentes, les petits et le personnel.
On va suivre la rencontre des uns et des autres, accompagnĂ©s d’autres personnages, on assistera Ă la cĂ©rĂ©monie du nom en prĂ©sence de Himmler, puis le rapatriement des autres maternitĂ©s vers celle-ci au fur et Ă mesure que l’Allemagne est conquise.
Mon avis :
TrĂšs clairement, il y a bien trop de longueurs ! Les situations sont rĂ©pĂ©tĂ©es Ă l’envi.
MĂȘme si j’ai beaucoup apprĂ©ciĂ© de comprendre Helga, qui au fur et Ă mesure par effritement, via son journal intime, comprendra que peut-ĂȘtre tout n’est pas rose, que peut-ĂȘtre certains enfants meurent dans des conditions Ă©tonnantes dĂšs lors qu’ils ne rĂ©pondent pas aux critĂšres aryens (elle s’est attachĂ©e Ă un petit JĂŒrgen, peut-ĂȘtre handicapĂ© ?), et pour le coup j’ai trouvĂ© que c’Ă©tait bien amenĂ© sur la forme. đ
Mais le personnage de Marek m’a moins intĂ©ressĂ©e, je n’ai pas rĂ©ussi Ă m’attacher Ă lui, pas plus qu’Ă ce qu’il vit au camp, ayant l’impression de relire plusieurs fois la mĂȘme chose.
Je n’ai pas aimĂ© la mĂšre du petit JĂŒrgen non plus, que l’autrice fait passer pour pleurnicheuse.
Je n’ai pas toujours trouvĂ© trĂšs clair ce se passait dans la tĂȘte de RenĂ©e, mais ça tient peut-ĂȘtre Ă son Ăąge, 16 ans ! đ
J’ai continuĂ© coĂ»te que coĂ»te, car c’est un roman assez court, et j’ai bien fait car j’ai aimĂ© la fin, mais je n’en garderai pas un souvenir particulier.
Reste que je me demande ce que sont devenus ces enfants, aussi bien ceux qui ont Ă©tĂ© conçus pour remplir ces pouponniĂšres, que ceux qui ont Ă©tĂ© kidnappĂ©s Ă leur mĂšre pour pouvoir repeupler l’Allemagne nazie ! đ
Editions Gallimard. 288 pages. 2024

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