Chronique lecture : Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

Chronique lecture : Les gens de Bilbao naissent où ils veulent de Maria Larrea

Podcast de l’article ici 👇🏻

Avant tout, car ce n’est jamais trop, je vous souhaite une bonne année 2024 ! ✨

J’ai la chance en toute fin d’année 2023, d’avoir été choisie pour faire partie d’un jury de lecteurs pour les Magasins U, en partenariat avec Le livre de Poche. Cela me fait vraiment plaisir ! ❤️☺

C’est génial de pouvoir lire en même temps que d’autres personnes, même si je ne les connais pas, et de pouvoir commenter ensemble ensuite sur une application spéciale, nos lectures, en attendant le vote.

Nous avons 6 livres à lire, et le tout premier est celui-ci : « Les gens de Bilbao naissent où ils veulent » de Maria Larrea.

Note du 16/02/24 : Il se trouve qu’en plus de m’avoir été envoyé par le Livre de poche, ce roman fait également partie de la sélection pour le jury de livres audio Audiolib 2024 ! Mon avis sur la forme,  en fin de chronique.

J’avais déjà entendu parler de ce roman car ce titre est tout de même original, mais je ne savais pas du tout à quoi m’attendre. C’est dans le même temps un récit ET un roman, à mon sens.

J’ai lu d’une traite ce bouquin de 200 pages à la belle couverture qui me fait penser à des tableaux de Rothko, rouge comme le feu, ou comme la famille flamboyante dont fait partie Maria.

Il se trouve que cette jeune femme est réalisatrice pour le cinéma, et elle va nous raconter sa vie.

Son histoire :

Née en 1979, quelques années après moi, on traversera les années 80 et 90, avec des souvenirs culturels communs, pour mon plus grand bonheur. 🎧📺

D’origine espagnole, plus précisément basque par son père et galicienne par sa mère, elle nous conte d’abord, comme un roman, l’histoire de ses grands-parents et surtout de ses grands-mères.

L’une, prostituée obèse à Bilbao, l’autre, mère abandonnant son enfant pour revenir la rechercher au couvent à ses 10 ans et la laisser régulièrement être violée par son père, ce sont des personnages populaires, au fort caractère, mais pas particulièrement des femmes maternelles et aimantes ! 😮

On suivra ces personnes sur quelques pages, on en apprendra plus sur les parents de Maria, leur enfance, leur rencontre et la difficulté qu’ils ont eu à avoir un enfant… 👶🏻

« Mes indices : je suis fille unique, mon père borderline, ma mère sous camisole chimique. »

L’autrice a vraiment réussi à donner corps à ses parents, qui même s’ils ne s’entendaient pas entre eux, l’aimaient tendrement.

Fille d’une femme de ménage et d’un gardien de théâtre, même si elle vivait dans une relative modicité, je crois qu’elle n’a manqué de rien, en tout cas pas d’amour.

C’est une jeune femme, qui ado, a quand même brûlé la chandelle par les deux bouts : entre boissons et drogues, je crois qu’elle a tout testé ! Puis il y a eu la rencontre avec Robin, qui lui donnera deux petits garçons.

Puis changement de vie(s) !

A la seconde partie du roman, il y aura une déflagration. Après être allée voir une voyante pour lui tirer les cartes de tarot, et lui apprendre à le faire elle-même, cette dernière lui met le doute : est-ce que son père est vraiment son père ?! Et Maria Larrea d’aller interroger sa mère…

Il y a de nombreux allers-retours entre Bilbao et Paris, des allers-retours entre le passé et le présent, et j’ai apprécié tous les personnages, jusqu’au bout, jusqu’au dernier.

Je sors de cette lecture charmée, j’ai versé quelques larmes. C’est un beau récit, que j’ai lu d’une traite, l’écriture à la 1ère personne est fluide, mais je n’y mettrai pas non plus un coup de cœur.

Pourquoi ? C’est difficile à définir, mais je crois que j’aurais voulu soit continuer sur un « pur » roman avec ses parents et aïeux, et ce côté picaresque, étonnant, un peu à la Alexandre Jardin avec des familles improbables et fantasques. Soit rester peut-être vraiment sur le récit de la recherche de ses ancêtres. J’ai aimé chacune des deux parties, mais elles ne s’additionnent pas forcément pour donner un coup de cœur.

Ceci dit encore une fois, j’ai passé quelques heures bien agréables, et suivrai cette autrice, si elle décide de continuer dans l’écriture de livres.

🎧🎧🎧🎧

Pour le jury Audiolib 2024 :

L’histoire étant donc bien fraîche dans ma tête, je n’allais pas réécouter le roman entièrement, j’ai pris quelques morceaux de chapitres, ça et là, pour pouvoir me concentrer sur la forme, afin d’écouter la voix, qui se trouve être celle de l’autrice elle-même ! Maria Larrea a décidé de lire sa propre histoire romancée.

Et je pense qu’elle aurait dû laisser la main à une comédienne…
Sa voix ne m’a pas du tout charmée
. J’ai trouvé l’écoute monotone, la voix atone, pas chaleureuse, presque triste, et si j’avais dû prendre connaissance de ce livre de cette façon-là, je n’aurais pas eu autant de plaisir qu’à la lecture sur papier, ça aurait même desservi l’histoire, et ça aurait été dommage !

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